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Ma première retraite de méditation

La première fois que je suis partie en retraite de méditation, ce fût pour moi une expérience inoubliable. Cela faisait déjà quelques temps que je pratiquais de façon très aléatoire, parfois je méditais tous les matins, puis quelques jours pendant lesquels je ne méditais plus du tout.

 

J’avais la chance de rejoindre un groupe de pratiquants tous les mois. Une session de 3 heures qui me permettait de pratiquer, et de retrouver l’engagement même après la séance. Avoir le soutien de l’enseignant, qui nous lisait quelques textes sur lesquels nous pouvions échanger, et voir comment cela pouvait nous permettre d’appréhender la méditation avec une attitude juste, cela était très aidant pour moi.

 

Donc pour ma première retraite, je suis arrivée sur le lieu avec un peu d’appréhension : lever à 6h du matin, ne pas parler, repas en silence, et pas de nourriture l’après-midi (dans ma pratique, lors des retraites, on s’engage à ne pas consommer d’aliments après le repas de midi, jusqu’au lendemain).

 

J’ai été assez surprise par la force du silence : plus connectée à mes ressentis intérieurs, cela me permettait de rester très attentive à tous les schémas mentaux qui ne manquent pas d’émerger : « qu’est-ce qu’il respire fort celui-là ! », « oh là là pourquoi il s’énerve tant le cuisinier ? », « J’ai envie d’aller dehors », « vivement le petit-déjeuner, j’ai faim ! ». Cela m’amuse beaucoup d’y repenser : m’énerver parce que le cuisinier s’énervait, je prenais conscience que je rentrai alors dans le même schéma d’agacement que lui…Allez ! Ne pas juger et accueillir cet aspect de moi-même !

 

L’alternance des différentes formes de pratique me permettait aussi de garder une attitude d’attention soutenue, et sans que je le recherche, le calme s’installait progressivement en moi.

 

Les repas en silence ont été aussi une expérience fabuleuse : pleinement connectée à ce que je mangeai, je pouvais vraiment sentir les tentations à manger plus rapidement, ou les « envies » de manger pour le plaisir plus que pour une réelle faim. D’ailleurs, ne pas manger l’après-midi n’a pas été un problème, je n’avais pas faim. Nous avions un thé vers 16h, que nous prenions tous ensemble, toujours en silence.

 

Cette première retraite a duré trois jours qui sont passés très vite. Au moment de la cérémonie de clôture, j’ai senti les larmes monter en moi. Une émotion d’immense gratitude me submergeait, je l’ai laissée venir, j’ai observé ce qui se passait, là, dans cet instant. J’ai compris que j’avais peur. J’avais peur de retourner dans la vie active, de me retrouver dans le tumulte de la vie, et de ne pas savoir comment retrouver ce calme et cette paix qui avait trouvé leur place pendant ces 3 jours.

 

Et puis, je suis rentrée en train. Je me souviens très bien de ma sortie Gare de Lyon, la foule autour de moi, les gens pressés, et mon calme intérieur, ma capacité à regarder tout cela avec beaucoup de recul, sans me laisser emporter par cette tourmente. Puis en route vers Saint Lazare pour prendre mon train de banlieue. Ceux qui ne connaissent pas cette gare peuvent difficilement s’imaginer le flot ininterrompu de voyageurs qui y circulent…Un vrai défi de ne pas se laisser entraîner par le rythme rapide de toute cette foule. Mais j’ai senti qu’à l’intérieur de moi, il y avait ce calme, ce refuge qui me permettait de rester stable, présente, sans me laisser happer par la tourmente autour de moi.

 

Cette retraite fut le départ d’un engagement plus profond encore dans ma pratique, j’y ai trouvé des ressources pour m’ancrer chaque jour davantage dans ce qui est là. Depuis, je pars régulièrement, pour des week-ends ou des séjours plus longs. Et j’apprends chaque fois quelque chose de nouveau sur moi : qui je suis, comment je suis en relation avec les autres, avec le monde. C’est toujours un véritable cadeau.

 

Je vous souhaite de connaitre un jour ces merveilleux moments.

 

Bonne pratique !

 

Le prochain stage de méditation, s’ancrer dans la pratique.

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